Une Brève Histoire de la Méditerranée

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/ Le Spectacle

Une brève histoire de la méditerranée est un spectacle de 50 minutes. Un acteur seul en scène voyage de rive en rive, anti-héros qui par sa seule histoire, traverse l'espace-temps méditerranéen.

Rescapé d'une éruption volcanique sur l'île de ***, il affronte les prévisions météorologiques en priant un dieu unique, repeuple un harem délaissé du dix-neuvième siècle, voit la mer se vider d'elle-même avant de la retrouver aux pieds des touristes, repêche des migrants, et dresse la typologie de la faune poissonneuse à chacune de ses noyades.

 

L'acteur construit ce personnage allégorique du type méditerranéen par rapport à un autre toujours absent. La narration du voyage, adressée à l'être aimé, se théâtralise lorsque le personnage prend en charge les voix des personnages rencontrés, réinventant sans cesse le mode de narration. Il joue tous les membres de sa famille, les instructions de navigation d'un moniteur d'optimiste, ses dialogues avec des femmes qui lui répondent par gestes, ses moments de solitude en mer où, faute d'interlocuteur il converse avec son bateau. La méditerranée étant un espace d'échange, les épisodes de ce récit picaresque sont autant de variations sur le dialogue théâtral.

De la volonté de raconter en un temps si restreint un sujet qui nous dépasse, par sa vastitude et sa diversité, de le résumer, de l'apprivoiser tout en reconnaissant l'impossibilité de le totaliser, naît un registre à la fois épique et comique.

 

La scénographie, un dériveur échoué sur la scène, contient tous les espaces : le large et ses multiples rivages. Les paysages, les sonorités et les gestes de ceux qui peuplent la côte sont autant de référents pour une mise en scène qui, au rythme du parcours d'un Ulysse contemporain, entend rendre sensible à la fois l'attitude contemplative de l'homme face à l'immensité, et l'esthétique fellinienne du débordement joyeux. 

Crédits photos : Hugo Caillaud

Une brève histoire de la Méditerranée

Conception : Léa Carton de Grammont et Victor Thimonier

Ecriture : Léa Carton de Grammont
Mise en scène : Victor Thimonier

avec : Clément Carabédian

Création vidéo : Ruben Cohen
Création sonore : Juliette Sedes
Création lumière : Fabio Caldironi

/ L'Installation

L’installation Une brève histoire de la Méditerranée est une exposition-fiction qui se compose de deux pièces. La première restitue une histoire picturale de la mer, la seconde une histoire architecturale.

Ces installations peuvent-être présentées ensemble ou séparément, en complément du spectacle dans l’espace d’entrée du lieu qui l’accueille ou indépendamment de celui-ci dans des espaces dédiés à l’art visuel ou numérique.
 

Cette exposition-fiction reprend les thématiques et les lieux traversés par le personnage de la pièce à travers des tableaux de peintres et des modélisations en 3D des maisons des villes méditerranéennes.

 

Conception et écriture Victor Thimonier
Création vidéo : Ruben Cohen avec l'aide de John Bardakos
Création sonore : Juliette Sedes

Voix: Pierre Andrau / Sarah Bussy / Clément Carabédian / Victor Thimonier

Tôt ou Tard

Un monde tout ce qu'il y a de plus normal, sauf qu’un jour, on ne sait plus bien lequel, tout bascule comme toujours.

Ce qui fait tout basculer ? Une disparition. De qui ? Ô ce n’est pas vraiment une personne, ce n’est pas vraiment un objet, c’est le temps qui disparaît, en tout cas, celui des horloges, des montres, des portables. Comment on fait alors pour se repérer, pour être à l’heure, pour rencontrer les autres, quand on n’a plus rien pour mesurer ?
Précipités dans ce monde fantastique, un groupe d’hommes et de femmes s’interrogent. Alors que les positions divergent sur la stratégie à adopter, alors qu’on discute sur l’utilité du temps et la nécessité de son contrôle, celui- ci bien plus présent qu’il n’y paraît, creuse les individus jusqu’à les dévorer.

La pièce est la représentation d’une expérience au sens propre du terme. L’expérience se décrit ainsi : Que se passerait-il s’il n’y avait plus de temps des horloges ? c’est-à-dire du temps que l’on dit objectif, du temps qui semble tout surplomber, du temps qui se compte, qui se mesure (avec des chiffres, 1 seconde, 2 minutes ... etc), du temps qui permet aux gens de se placer sur un terrain commun. Le temps qui fait qu’on peut se donner rendez-vous à telle heure, et que « telle heure » puisse signifier la même chose pour tout le monde. Ici ce temps là a disparu. À partir de là, il faut comprendre que c’est seulement au prix de cette disparition, qu’on peut découvrir ou vivre un autre temps, moins artificiel, plus intensif, peut- être plus collectif.

 

Juliette Farjat, sur l’écriture de TÔT OU TARD.

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Danser, manger, se raser, boire, faire la vaisselle, se présenter, jouer au poète... Que peuvent faire les hommes pour se rassembler ? Comment peut on raconter le temps ?
On raconte des histoires, on laisse parler les poètes, les troubadours, les inventeurs, les raconteurs, les comédiens et le projet s’écrit alors sous cet adage : « N’affirme rien, Raconte ! ».

Au confluent des pratiques : musique, danse, théâtre, art visuel, 3D, performance, le spectacle TÔT OU TARD, se construit comme un ballet théâtral, un tableau vivant d’un univers en dehors du monde. Dans cet univers l’ordre est en reconstruction. Un monde de lignes et de points, qui dessinent des tracés, des chemins, des expériences de vie et dans lequel le spectateur peut, de proche en proche, trouver une alternative à son expérience quotidienne du réel. Le spectacle dessine un paysage mental peuplé de pensées contradictoires, une joie de la rencontre libre d’individus que tout semble séparer... Quelque chose comme l’utopie d’un autre monde.
Les choses se dessinent comme dans un schéma qui permet l’apparition d’un sens par une abstraction de points, de traces et de lignes.

créations 2013-2014

Ecriture: Juliette Farjat

Mise en scène: Victor Thimonier 
Scénographie: Hugo Caillaud

Jeu: Lea Carton de Grammont/ Alix Kuentz
Constance Maillard/ Romain Paillette/ Michel Richard

Composition/musique:
Juliette Sedes, violon
Luc Tezenas du Montcel, piano

Vidéo : Ruben Cohen

Affiche créée par Lila Loupias

Vidéo projetée au début du spectacle, accompagnée d'un extrait :

Un jour - c'était le premier jour - une boule minuscule s'est formée. Elle était si petite et si dense qu'elle contenait tout. Elle était si contractée que le monde entier déjà et ce jour et ce moment précis s'y déroulaient à leur manière. Cependant, le professeur, et moi-même et vous autres, nous n'étions pas nés, ou pas vraiment. Cette boule, on ne peut dire si elle était immobile ou non, car elle était si minuscule que le mouvement et le repos étaient équivalents pour elle. 

Lentement très lentement elle a grandi, mais si lentement qu'on ne peut dénombrer aucune vitesse aucune quantité, si lentement qu'on ne peut pas l'imaginer. Cependant, déjà cette lenteur elle existait, déjà quelque chose était en train d'apparaître, déjà il y avait du changement. Il y avait du changement, mais personne pour le savoir, personne pour le voir. 

La boule grandissait, pourtant, il était toujours impossible de savoir si elle bougeait, si elle tournait si elle se déplaçait, car il n'y avait rien à partir de quoi ce mouvement ou cette rotation puisse se faire. En somme, le mouvement n'existait pas encore. C'est sur elle qu'il devait se produire.

 

Alors il y a eu l'océan l'eau partout, puis la terre, puis les êtres vivants, puis les hommes et nous voilà ! 

Tôt ou Tard

Représentation au théâtre Kantor de Lyon

Novembre 2013